Les phrases reloues quand on est parent

Catégorie : Papa
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J’espère que vous allez bien en ces temps de confinement. Voilà quelques temps que je n’avais pas produit un article traitant de la parentalité, c’est pourquoi j’ai décidé d’en réaliser un qui me trottait dans la tête depuis un moment, un listing des phrases reloues que l’on entend dès lors qu’on est parent. Vous savez, ces choses que l’entourage ne peut s’empêcher de dire et qui nous fait bouillir …

Plus encore que d’habitude, j’ai trouvé que le thème se prêtait à rendre le billet participatif. J’ai donc lancé un appel sur Twitter afin de recueillir certains de vos écueils pour les restituer ici, en les mélangeant aux miens. Vous l’avez donc compris, le but sera ici de rire jaune tous ensemble et d’échanger sur ces choses qui nous font grincer des dents. C’est tipar !

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« Il/elle ne mange pas beaucoup »

Et ? On connait notre enfant, son rythme et ses habitudes alimentaires, alors entendre ce genre de d’opinion non désirée est parfois pénible, surtout quand elle est teintée de reproche. Remarquez, l’inverse est également possible avec un bébé glouton à qui on soulignerait l’appétit. Ici, bébé viking a toujours eu beaucoup de mal à boire des quantités « normales » de lait; pour autant il est toujours resté dans les courbes et a toujours été en parfaite santé, c’est bien le principal.

« Il faut le/la laisser pleurer pour qu’il/elle s’endorme, sinon vous n’avez pas fini »

Peut-être la phrase qui est le plus revenue lors de mon recueil d’opinions et, pour le coup, l’une de celle qu’il me tient à cœur de majoritairement contrer. Enfin, « contrer », je me comprends, chacun fait bien comme il veut bien sûr, mais personnellement je ne peux pas rester inactif quand mon enfant pleure, qui plus est lorsqu’il n’est encore qu’un nourrisson. Oui c’est épuisant, oui nous ne comptons plus les nuits blanches et parfois les nerfs sont à fleur de peau, mais jamais nous n’avons laissé les pleurs de notre enfant l’endormir, de dépit parce que ses propres parents ne venaient pas. Jour comme nuit, nous considérons qu’un pleur n’est pas un caprice mais une détresse sur laquelle nous devons l’aider.

« Le siège auto dos à la route, c’est pas l’idéal »

« Mais pourquoi tu ne la passes pas dans le bon sens (on en parle, du « bon sens », quand on sait que le dos à la route est 5 fois plus safe ?). Elle ne doit pas être à l’aise, là (une interprétation, mon enfant ne m’a jamais exprimée être mal à l’aise, or on sait en tant que parent qu’en bébé/enfant qui n’est pas confortable le fait savoir !). Elle doit s’ennuyer, elle ne voit rien. » Là encore, des interprétations d’adultes sur des pensées imaginaires d’enfants. La sécurité avant vos propres envies et besoins, la sé-cu-ri-té.

« Tu le/la gâtes trop »

Autant nous ne sommes pas pour pour la surconsommation de manière générale, autant pour un enfant qui est en train de découvrir mille et une choses, nous pensons qu’il est important de l’accompagner dans cet apprentissage par le biais de livres et de jeux créatifs. Je ne parle pas de lui acheter les 150 Tutut bolides qui existent mais bien de choses qui vont l’aider à développer, généralement des jouets Montessori et/ou favorisant la motricité fine. Et pour ce qui est de la lecture, même s’il ne comprend pas encore tout ce qu’on lui lit, avoir à disposition de belles histoires (tant dans la forme que dans le fond) est top pour l’imaginaire et l’aider dans ses premiers mots.

« Oh, tu pleures pas hein ? T’es un garçon, ça pleure pas les garçons »

Aah, les fameux stéréotypes dès le plus jeune âge, quel bonheur. Et ben si, un garçon ça peut pleurer, même adulte d’ailleurs. Surtout adulte d’ailleurs. Surtout quand on a un enfant d’ailleursetqu’onregardedesfilmesoùlesenfantsperdentlepapaetjksdrhgukbdhudsghdsfu-bref. Déjà pour les adultes ça me gonfle, mais c’est quoi ce réflexe de brimer les sentiments dès le plus jeune âge ? La douleur ou encore la tristesse sont des émotions comme les autres qu’il faut nommer, comprendre et évidemment accepter. Alors si mon fils pleure devant la mort de Mufasa d’ici quelques années et bien … on pleurera ensemble, comme des hommes.

« Il/Elle te mène par le bout du nez »

Sans transition avec le libre-court aux émotions, la bienveillance en général et l’éducation positive font que les parents essaient au maximum de répondre aux besoins des enfants. Alors non, si on prend notre enfant dans les bras quand il le demande, ça n’est pas pour « céder à ses caprices », mais pour passer un moment privilégier avec lui quand il en a besoin, et peut-être ressent-il l’envie de nous montrer quelque chose, de jouer avec nous ou simplement un instant câlin qui fait du bien à tous.

« Faut arrêter l’allaitement là, il/elle n’a plus l’âge et papa pourra donner des biberons »

Certaines personnes de notre entourage et des mamans m’ayant fait leur retour d’expérience m’ont fait prendre conscience que le jugement lié à l’allaitement était encore très important en 2020. Déjà que le regard vis-à-vis de cette pratique est globalement négatif en société (alors que, et bien, il n’y a rien de plus naturel ?), quand l’entourage s’y met je ne peux qu’imaginer à quel point cela est insupportable. Tarissement, volonté du bébé, voici bien les seules raisons qui devraient pousser une mère à arrêter l’allaitement. L’excuse du papa doit être d’autant plus pénible à recevoir quand on sait que ça n’en est pas une : le tire-lait est là pour ça si le couple est ok pour cette option. En bref et comme pour beaucoup de points dans cet article, la question de l’allaitement ne regarde que les parents, et personne d’autres.

« C’est pour quand le 2ème ? »

Arg, si la lourdeur était une phrase, ce serait certainement celle-ci. Putain, quand c’est pas « alors c’est pour quand le bébé ? » ou X projet stéréotypé pour un couple, voici le top1 de ce qu’on peut globalement entendre après avoir eu un enfant depuis quelques temps … c’est d’un pénible. Après attention, certains peuvent évidemment trouver leur compte dans le fait d’avoir plusieurs enfants de manière rapprochée, mais sortir cette phrase sans forcément connaitre le contexte du 1er enfant ou si le couple a bien vécu cette arrivée, c’est d’une lourdeur folle. Ici par exemple, on ne se pose même pas la question : on donne tout ce qu’il est possible de donner en tant que parents (l’énergie et le sommeil, personne ne me contredira) et on verra bien d’ici quelques années en prenant compte X paramètres si la question peut se poser, dans l’intérêt de tout le monde. Ah, et un enfant unique peut très bien l’être sans avoir une enfance malheureuse à tout prix. On ressort le spray anti-cliché et on circule, merci !

« Allez, c’est bon, ça n’a jamais tuer personne de (…) »

Celle-là on l’adore aussi car elle a tellement de déclinaisons possible … on a déjà parlé du fait de laisser pleurer, mais quel parent de nos jours n’a jamais entendu un « ça ne va pas le tuer de rester emmailloter », de « boire quelques gouttes d’alcool pour l’occasion » ou encore de « manger cette bonne purée » ALORS QU’ON APPLIQUE LA DME AVEC NOTRE ENFANT. Rhaa, et des exemples comme ça il y en a à foison. Exactement comme ceux qui clament haut et fort qu’ils fument depuis X années et qu’ils ne veulent pas spécialement arrêter car « il faut bien mourir de quelque chose » ou d’autres, visiblement davantage traumatisés qu’ils ne le croient, pensant qu’une bonne fessée est le remède à tous les maux car personne n’en est mort. Punaise, je m’arrête là avant d’exploser.

« Oh et t’as encore rien vu, tu verras quand il/elle (…) »

Je vais extrapoler ici car cette phrase m’agace autant concernant les enfants que dans n’importe quelle conversation : le besoin de tout rapporter à soi de manière générale alors qu’on parle de qqun/qqch d’autre m’agace au plus haut point. Je ne parle pas de personnes qui vont expliquer leur vécu et expérience de manière objective, pour « accompagner » une histoire que l’on raconte, mais de ceux qui, par exemple, vont t’expliquer par A + B qu’il te reste encore 46 000 galères à vivre en tant que parent, et le terrible two, et l’école, et ma bite ALORS QUE TOI T’ES LA ET TU VIENS JUSTE DE PASSER UNE NUIT QUI SE COMPTE EN MINUTES ET T’AS PTET JUSTE BESOIN D’UN MINIMUM D’ECOUTE. Merde, je me suis emporté, mais j’espère que vous saisissez l’idée. Comme pour, je sais pas, minimiser ce que vous avez vécu ou peut-être se rassurer eux-mêmes d’avoir déjà traversé ce dont vous parlez, certains adorent tirer la couverture à eux et ça, ça me gonfle au plus haut point.

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J’ai essayé de me limiter à ces 10 exemples, mais les retours que certains m’ont fait prouvent qu’il y en a tant d’autres. J’ai essayé d’être ici le plus exhaustif possible mais je suis certains que vous en avez d’autres qui vous restent entre les dents … n’hésitez pas à les partager en commentaires !

La pratique du cododo, la position des grands-parents dans l’éducation, les opinions et positionnements de la nounou ou bien la crèche, autant de sujets de discussion pouvant être source de conflits. J’espère en tout cas que cet article un peu particulier vous aura plu et ne vous inquiétez pas, dans ce monde de brutes peut émerger la bienveillance sans le laxisme, l’éducation sans la violence. Il n’y a pas de formule magique bien sûr, mais l’important selon moi est d’avoir été un couple soudé avant l’enfant et surtout le rester après, malgré les (nombreux) obstacles dont nous venons de parler. Fuck le spray à clichés, fuck l’entourage malveillant, l’important est le petit être qui a fait de vous une famille, VOTRE famille.

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7 Commentaires

  • Répondre Nathalie Leblanc

    Merci. Je me reconnais totalement. Ras le bol de toutes ces réflexions de gens proches ou non juste pour te dire que tu es nul et que tu fais tout de travers. Il m’a fallu avoir 2 enfants et en prendre plein la tronche avant de comprendre que ce n’était pas nous et l’éducation qu’on donnait qui était le problème et qu’il fallait que j’arrête de me mettre la pression et de me sentir coupable.

    26 novembre 2020 at 20 h 11 min
  • Répondre Camille Gillet

    Le deuxième enfant… le truc contre lequel on se bat avec notre entourage, alors que je compte me faire opérer.

    J’ai eu droit à :

    « Tu dis que tu n’en veux pas maintenant, mais tu verras plus tard.
    _ Plus tard, je serai stérilisée
    _ OMG mais tu ne peux pas faire un truc pareil à ton âge ?! »

    « Et si tu te sépares du papa et que tu rencontres quelqu’un d’autre ?
    _Heu… oui ? Et ?
    _ Bah tu voudras en faire un deuxième !
    _ C’est quoi le rapport entre le fait d’être avec un mec et de se reproduire, au juste ? »

    Et la seule fois où j’ai pu les moucher c’était :

    « Tu sais, enfant unique, c’est pas drôle. Au moins, quand ils sont deux, ils peuvent s’occuper.
    _ T’es en train de me dire de faire un deuxième gosse pour occuper le premier ?
    _ Non ! non, non… heu… »

    Et puis, ce genre de réflexions dans la famille, évidemment, mais les inconnu-es qui trouvent le gosse mignon et qui demandent pour quand la petite soeur ou le petit frère, et qui insistent lourdement quand on dit « non », j’hallucine à chaque fois, mais on y a droit ><

    17 novembre 2020 at 7 h 29 min
    • Répondre Alexandre

      Et bien, merci de ton retour et courage pour ce que tu endures. Ici ce genre de remarques est encore assez faible, mais tes exemples sont d’une brutalité … bénie soit ta répartie !

      21 novembre 2020 at 23 h 45 min
  • Répondre TobyOne

    C’est simplement creve coeur d’entendre son enfant pleurer et les autres tu vois que ça leur casse les couilles que tu interrompes une soirée jeux ou autres pour aller t’en occuper.
    C’est là aussi que ya un tri entre les compréhensifs et ceux qui viennent moins car la vie de parents c’est pas très marrant certains soirs (genre c’est les premières victimes du réveil du bébé le soir…)

    17 novembre 2020 at 1 h 04 min
    • Répondre Alexandre

      Ceux qui ne comprennent pas qu’un bébé devient une priorité dans nos vies n’ont en effet rien à faire dans la catégorie ‘amis’. On s’adapte, on fait garder, on fait avec, mais si la compréhension n’est pas mutuelle c’est peut-être que, finalement, chacun évolue différemment …

      21 novembre 2020 at 23 h 43 min
  • Répondre Nanakie

    Oh bordel, le « c’est pour quand le 2ème »
    associés aux délicieux « Il va être temps » ; « Vous allez quand même pas la laisser seule ?! » (seule ?! dans la rue tu veux dire ? Ah non, d’accord, enfant unique…); « C’est si triste un enfant unique » ; le lourdingue « Vous avez perdu le mode d’emploi (Tu veux pas une sextape non plus ?) ».

    Il paraît que quand tu attends un 3e enfant, on te dit que t’es pas sérieux, c’est trop

    16 novembre 2020 at 23 h 08 min
    • Répondre Alexandre

      Aaaah, cette délicieuse ingérence de l’entourage, on adore ! Et si chacun s’occupait de ses fesses certainement bien garnies avant de s’occuper de celles des autres ? Non mais.

      21 novembre 2020 at 23 h 39 min

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