Devenir papa

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Avoir un enfant, devenir papa. Un objectif pour certains, une surprise pour d’autres. Voici bien une aventure de la vie à laquelle il faut se préparer. Ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux le savent, je suis depuis un peu plus de 9 mois l’heureux papa d’un petit viking qui fait mon bonheur au quotidien. Mais soyons honnêtes car, vous le savez, je n’aime pas la langue de bois : ça n’est pas parce que c’est un bonheur que c’est facile. Pour moi, pour Madame, pour nous.

Depuis que je suis parent je m’intéresse beaucoup à l’expérience des autres, et j’aime donner des conseils sur ce que je connais, sur ce que j’ai déjà vécu. Alors m’est venu l’idée de cet article, qui va essayer de capter les grandes lignes de mon parcours de papa avec toutes les anecdotes qui vont avec; mais loin de moi l’idée de faire un truc chiant et présomptueux, non, on va aussi rager et déconner ensemble, que vous ayez un enfant ou non !


Moi avant Lui

Notre fils était pleinement voulu. Après 11 ans de relation durant lesquels nous avons traversé énormément de choses, et après le voyage de notre vie en Ecosse, nous avions alors décidé d’essayer … et l’essai n’aura pas mis longtemps puisque près d’un mois après, Madame m’annonçait la nouvelle.

Comme toujours, j’ai mis un point d’honneur à rendre sa vie, et ici sa grossesse, la plus agréable possible … ou la moins pénible, selon le point de vue. Le 1er trimestre aura surtout été marqué par une grande fatigue quand le second a vu apparaitre des problèmes de santé limitant les déplacements, entre autres joyeusetés. Heureusement, les échos normales et « plaisir » de la sage-femme que nous avions choisi étaient là pour donner du courage ! Nous étions d’ailleurs persuadé d’avoir une petite fille, et finalement ce sont 2 petites balls que nous avons vu un jour en photo <3

Ce que je retiendrai malgré tout de cette période, ce sont les cours de préparation à l’accouchement auxquels nous nous sommes rendus. Punaise que c’était intéressant de poser des questions, sans jugement aucun, à une professionnelle. Tout n’était pas indispensable et grâce à Madame j’avais déjà appris beaucoup de choses. Mais 2 informations ont été particulièrement intéressantes, celle nous informant que lorsque le petit bout allait naitre, il est tout à fait normal qu’il ne crie pas de suite. Et ne pas être choqué par son apparence … assez dégueu il faut le dire, avant nettoyage. L’accouchement est déjà émotionnellement chargé, si on peut s’enlever des préoccupations comme celles-ci, c’est toujours ça ! Bon, je vous avoue que j’essaie toujours d’oublier ce que j’ai vu dans la salle où ils ont calculer son score d’APGAR …

Moi et le corps médical

Et bien clairement la relation n’a pas été folle durant le séjour à la maternité. En tant qu’homme, j’ai ressenti pour la 1ère fois ici une sorte de pression liée aux clichés habituels, sans doute, liés aux futurs papas. Jamais durant les cours avec la sage-femme je ne l’ai ressenti malgré le fait d’y avoir été le seul homme présent, mais là, dès le lendemain de la naissance, on m’a sorti ce que je retiendrai longtemps, quelque chose comme « Allez Monsieur vous devez venir donner le bain à votre fils, il faut pouvoir aider Madame après à la maison ».

Alors déjà FERME TA GUEULE putain, on me sort ça alors que chez nous et depuis toujours il n’y a pas de clichés liés au sexe et j’aurais de toute façon eu l’envie d’essayer. Comme je l’avais toujours dit à Madame, ça m’effrayait toujours de par la petite taille du corps d’un nouveau-né. Je me suis senti forcé et j’ai détesté ça.

Enfin une autre chose m’a gonflé avec une sage femme qui était souvent là pendant notre séjour, c’est le coup de pression mis pour l’alimentation du petit … mais en ne nous donnant pas toutes les informations/consignes pour l’allaitement, que nous souhaitions initialement. Notre petit bout ne s’alimentait pas assez au sein de Madame car il s’endormait trop tôt dessus, et nous avons appris après coup qu’il aurait fallu le sollicité davantage, comme le sein de Madame alors que l’autre trouduc nous a direct parlé de néonat, au mieux, pour le faire, je cite « repartir » … putain, j’en ai la chair de poule à en reparler. Evidemment nous avons opté pour le biberon du coup, par peur et volonté que notre petit bout aille bien.

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Moi et la maison

Sortir de la mat’, quel bonheur ! Bon, je fais le kéké là mais honnêtement ça n’est pas moi qui avait le plus hâte, bien au contraire. Le bouton rouge magique me rassurait tellement, j’angoissais un peu à l’idée de revenir chez nous ‘sans rien’. Mais Madame était tellement soulagée et confiante que je me suis laissé porter … et en effet, c’était tout de même un plaisir de rentrer MÊME SI PUTAIN CA A ÉTÉ LA PANIQUE POUR GÉRER LES QUANTITÉS DE LAIT AU DÉBUT

On ne voulait tellement pas perturber son alimentation fragile qu’on voulait exactement le même lait, la même marque qu’ils donnaient à la maternité. Mais voilà dans l’euphorie et les milliers de choses à gérer au même moment, on a vu trop petit pour les quantités et, bien sûr, NOUS ÉTIONS DIMANCHE ET TOUT ÉTAIT FERMÉ. Heureusement, une pharmacie de garde nous a sauvé de ce côté, et tout est rentré dans l’ordre.

Depuis et bien tout n’a été qu’un éternel et constant apprentissage, de nouvelles habitudes à prendre au quotidien pour le bien de bébé. Mais il faut être honnête, FAIRE LA MOINDRE CHOSE EST UNE GALÈRE ! Sortir les poubelles, nettoyer la table, ranger ses jouets, passer l’aspirateur, chaque corvée est encore plus accentuée dans le timing d’une journée avec lui. Et si on ose faire tout ça quand il est couché CELA SIGNIFIE QUE L’ON DORT MOINS ET SI ON DORT MOINS ON A MOINS D’ÉNERGIE POUR LA PROCHAINE JOURNÉE. Les plus optimistes diront que tout est question d’organisation, les autres, ceux de la vraie vie … feront au mieux. Et encore, on a eu cette chance d’être 2, je n’ose imaginer les mères de famille seules dans cette situation. Sachez d’ailleurs qu’une journée à s’occuper H24 d’un petit est plus épuisante qu’une journée de boulot, alors si votre conjoint se sert de cette excuse pour ne rien faire en rentrant, savatez lui les couilles de ma part.

Moi et l’entourage

Punaise, les pires d’entre tous. « L’enfer c’est les autres » n’a jamais autant pris son sens autant que lorsqu’on a un enfant. Entre les visites le jour J de l’accouchement ou même J+1 ou 2 alors que tout le monde, Madame en tête, a besoin de se reposer, ou encore celles que les gens veulent faire le 1er mois à domicile, mais putain laissez nous tranquille. S’il y a bien une chose que l’on ferait différemment, c’est cette partie-là. Que c’est pénible de se forcer à être sociable alors qu’on est épuisé moralement et physiquement, sérieux.

Nous avons été plutôt épargnés par les jugements divers et variés sur notre façon de procéder en général avec le petit, hormis peut-être ce qui concerne son alimentation à partir de 6 mois, la DME. Pour information, il s’agit d’introduire directement des « solides » en fruits/légumes/tout pour apprendre au petit à sucer, mastiquer, et régurgiter au besoin. Inutile de vous faire un dessin de la réaction des boomers quand on leur disait 100x que NON, il ne mangerait pas de purée même si c’était sans doute leur façon de faire et donc NON ce n’est pas la peine d’en acheter ou d’en préparer pour lui lors des visites.

Ah, et ces mêmes boomers qui s’étonnent de notre fatigue, d’aller chercher bébé quand il pleure. Ben oui, l’éducation positive n’existait pas en 1820 et c’est évident que les bébés bougeaient moins quand on les emmaillotaient en les laissant pleurer, ou qu’on leur donnait des médocs pour dormir … mais bon, assez de #BoomerFacts il faut avouer que parfois il a du bon cet entourage, comme je vais vous l’expliquer juste après.

Moi et Elle

Nous avons toujours pensé avec Madame qu’il ne faudrait pas, malgré bébé, s’oublier en tant que couple. Ainsi, ne pas négliger nos moments séries, ciné ou encore resto. Mais voilà dans la réalité des faits, C’EST COMPLIQUÉ. Difficile d’envisager de passer des moments « seuls » quand on est déjà occupé 100% du temps.

Mais voilà, parfois l’entourage a du bon et quand on tombe sur des personnes en confiance pour s’occuper du petit et dont on a confiance, et bien on a pu progressivement s’offrir certains moments à 2, et punaise, que ça fait du bien. Bon bien évidemment le fameux lâcher-prise était difficile à appréhender au début, mais je pars du principe où si quelqu’un m’affirme qu’elle peut s’occuper de mon fils en tout état de cause, alors à moi, à nous, de se laisser aller le temps de ce break. D’ailleurs, notre fils a découché pour la 1ère fois il y a peu alors que ses parents étaient à un concert sur Paris. La folie !

Du reste, ces derniers mois sur les réseaux sociaux j’ai été beaucoup informé sur tout ce qui tourne autour de la sexualité post-grossesse, du « point du mari », de la pression des femmes à se « remettre vite sur pieds pour ne pas que Monsieur aille voir ailleurs » : WHAT IS THE FUCK ??? Je sais que je suis parfois un bisounours à ce propos, mais wow 1) qui aurait envie de forcer sa femme après ce que son corps vient de vivre ? 2) si vous ne pouvez pas utiliser votre main gauche et patienter 5mn que Madame se remette, c’est grave. Bref, ça n’a pas été un souci de notre côté, le principal était ailleurs avec sa santé et celle de mon fils. Et puis, si on est malin, on peut s’amuser autrement hehehehe …

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Moi et Lui

La paternité a toujours été un désir pour moi, la volonté de transmettre tout ce que je sais de la vie me passionne, même si bêtement on attendait avec Madame le meilleur moment, financièrement notamment. Au final, c’est peut-être le pire ! Mais c’est que du bonheur. J’ai appris que nous attendions un petit bout alors que je venais de demander une rupture conventionnelle de mon ancien boulot, toxique à souhait, et je ne voulais pas que celui-ci empiète sur ma capacité à soutenir Madame ou à élever mon enfant.

Malgré tout, voir cet être si petit reste un énorme chamboulement. Le porter, le changer, le laver, même le nourrir ou le faire dormir, tout a été source de stress à un moment donné, de peur de lui faire mal, de ne pas comprendre ses besoins. L’éducation positive aide beaucoup dans la bonne conscience, surtout au début lorsqu’il ne peut pas s’exprimer. Répondre à ses besoins primaires est tout ce que je pouvais faire, ce qu’on pouvait faire, et le voir grandir petit à petit est honnêtement la plus belle des récompenses.

Le voir garder les yeux ouverts de plus en plus longtemps, entendre ses premiers gazouillis et surtout ses premiers rires ou encore constater ses progrès dans la motricité, quel bonheur, quelle fierté ! J’ai tellement hâte qu’il grandisse et que l’on puisse communiquer lui et moi, que je l’aide dans son apprentissage de la vie, à l’école, quand il jouera à God of War pour la première fois. En attendant, je continuerai d’être le plus fier des parents quand on me dit que mon fils est très souriant et sociable <3

Moi et Moi

Par nature j’aime le calme, le silence, ne rien faire d’autre que penser, observer les gens qui m’entourent et la nature; me mettre dans une sorte de bulle pour me détendre. Vous l’aurez compris mine de rien, c’est TOUT L’OPPOSÉ de ce que à quoi j’ai le droit depuis sa naissance ! Après 9 mois je peux tout de même en rire, mais ça n’a pas toujours été le cas, et je m’en suis parfois voulu.

Il faut savoir que la fatigue était telle parfois, quand je n’arrivais pas à lui faire passer une crise de larmes par exemple, que mon impuissance se transformait en énervement. J’avais lu dans l’un des bouquins de Madame que dans ces cas-là, il vaut mieux poser le petit, en sécurité, quelques secondes qui serviront à se recentrer. Et bien je conseille vraiment cette technique à tous, on redescend en pression pour accompagner de nouveau ce petit être qui n’a pas d’autres moyens de s’exprimer.

Une autre chose que j’ai découverte depuis que je suis père, c’est mon attitude vis-à-vis de l’entourage, sur 2 points. Quand bébé avait tout juste quelques mois, peu étaient celles et ceux qui pouvaient/voulaient le prendre lorsqu’on voyait ces personnes, par crainte de ne pas savoir gérer sans doute, et qu’il était beaucoup moins expressif qu’aujourd’hui. Et peu de temps après c’était tout le contraire, comme une volonté de le monopolisé quand on est là. Oui, QUAND ON EST LA. Un exemple parmi tant d’autres : je dis à Madame de prendre le petit pendant que je vais lui préparer un bib pour lui donner après. Et bien la personne prend le petit et veut lui donner le bib’. Pareil pour les couches, l’endormissement, AAAAAH ce que j’ai eu du mal à lâcher prise là-dessus, je repartais réellement énervé de nos sorties. Plus tard j’étais tellement crevé que j’étais en mode « vous voulez vous en occuper ? ALLEZ-Y C’EST CADEAU ».

Moi et Vous

Difficile d’apporter une conclusion classique à ce genre d’article. C’est le première fois que je me prêtais à l’exercice et je me rends compte que, malgré l’ampleur écœurante de l’article, j’aurais pu développer chaque partie au moins du double, mais j’ai voulu me concentrer sur les anecdotes et événements marquants pour moi dans ce parcours de la paternité.

Vous l’aurez compris, c’est un cheminement quotidien, complexe, et je ne saurais que trop conseiller aux couples qui envisagent d’avoir un enfant d’y être préparé. Ça n’est pas du tout anodin, bien au contraire, et cela engage pour la vie. Mais attention, si ici j’ai grossi les traits pour les besoins de l’article, j’espère que vous aurez compris à quel point le bonheur d’avoir ce petit être au quotidien est présent également.

Si j’avais un seul conseil : entourez-vous de gens bienveillants, créez-vous une bulle entre vous, parents, et le bébé. C’est désormais votre priorité n°1 et quelque soit l’échelon des gens dans la famille, dans votre entourage, c’est tout ce qui compte désormais. Attention également aux réseaux sociaux et Internet en général qui informent autant qu’ils fantasment certaines étapes du développement de bébé. Chaque enfant est différent, il n’existe pas de formule magique. L’important est que vous concoctiez cela ensemble, avec amour et bienveillance <3

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2 Commentaires

  • Répondre Nanakie

    Enfin je me pose quelques minutes pour (re)lire ton article et commenter !
    La phrase qui résume bien la parentalité « tout n’a été qu’un éternel et constant apprentissage » > eh oui je trouve ça 100% vrai, la parentalité c’est un monde entier qui s’ouvre devant nous et dans lequel nous avons tout à découvrir ! En effet mieux vaut être un minimum solide mentalement et prêt :)

    Je me (nous) reconnaît dans chaque paragraphe, je partage la totalité de tes points de vue (si ce n’est que nous n’avons réussit à lâcher notre fille qu’à ses 15 mois !) et je suis avide d’en lire plus !!! J’adore aussi avoir la plume d’un père, si rare parce qu’effectivement la société peine encore à leur laisser la place qui est la leur … c’est navrant mais notre génération travaille au changement !

    Je ne connais pas votre situation perso mais je pense que tu as fais le meilleur choix de ta vie en restant à la maison pour les débuts sur Terre de ton fils : nos enfants ne sont bébés qu’une fois, et ils ont tellement besoin de nous leurs parents, que c’est un cadeau inestimable pour lui (et pour Tiphanie, pour votre couple, pour votre famille). Tu le sais, chez nous aussi Chéri a connu une période de congé parental + chômage sur la 1ère année de notre fille, et avec le recul je suis plus que satisfaite et heureuse d’avoir vécu cette aventure en cocon familial.

    Bon maintenant je ne peux que demander …. Un autre article ! Un autre article !

    27 mars 2020 at 16 h 16 min
  • Répondre Nathalie Leblanc

    Merci ! Je me reconnais tellement sur ce que j’ai vécu en tant que maman et femme dans certaines situations. Il est vrai qu’on nous présente si souvent une parentalité fantasmée avec des enfants propres, mignons et sages, des parents épanouis, en forme et avec une vie sociale très développée… Tout l’inverse de ce que les vrais gens vivent.
    Tout n’est pas négatif mais c’est beaucoup plus difficile que ce que l’on pense et la société ne nous aide pas forcément en véhiculant ces clichés.

    12 mars 2020 at 19 h 09 min
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