Death Stranding

Catégorie : Jeux Vidéo
death stranding kojima ps4 sam BB

Impossible de ne pas avoir entendu parler de ce jeu. Ne feignez pas l’ignorance, c’est impossible. Je crois que Death Stranding est le JV dont j’ai le plus entendu parler en amont depuis un bon bout de temps, et c’est d’ailleurs pour cela que j’ai failli ne pas m’intéresser au titre. Comme pour les films ou autres séries, c’est presque épidermique : tout ce qui hype à outrance provoque une réaction de méfiance, un peu comme un certain Joker il y a peu.

N’ayant pas joué aux précédents titres d’Hideo Kojima, je suis également insensible à son aura qui semble déchainer les foules … en bien comme à l’inverse. Et c’est peut-être finalement pour ça que je me suis lancé dans ce titre au concept obscur, la réelle envie de me faire une idée par moi-même, loin des avis extrêmes. Bon, ça et le besoin de me plonger de nouveau dans une aventure solo unique comme je n’en ai pas vécu depuis un moment. Death Stranding tombait donc à point et a pleinement rempli son rôle.

death stranding sam greve

Il est à noter que c’était un réel bonheur de lancer le jeu en ne sachant absolument rien de l’histoire. C’est bête mais, à notre époque où certains éditeurs spoilent eux-mêmes des productions dans l’intérêt de susciter la vente et ou les réseaux sociaux sont plus dangereux que jamais, y arriver fait zizir. Et donc, hormis la présence de Norman Reedus, Mads Mikkelsen et un bébé dans le jeu, j’étais tout innocent vis-à-vis du contenu.

Le pitch global est donc le suivant : nous nous plaçons dans la peau de Sam Porter, un livreur pas comme les autres, chargé de transporter des marchandises à différents destinataires, le tout dans un étrange monde post-apocalyptique. Pas fou hein ? J’avoue qu’il est difficile d’en dire plus sans révéler des éléments du scénario qui font parfois partie intégrante de l’histoire. Mais que tous se rassurent, je continuerai ma critique ainsi, et une partie avec spoilers tiendra place en fin d’article.

Le parachutage est donc total d’entrée de jeu et nous voilà livrés à nous-mêmes dans des Etats-Unis me rappelant personnellement les plus beaux paysages d’Ecosse. C’est d’ailleurs l’une des premières claques du jeu qui ne vous quittera que peu : le jeu est sublime. Qu’il s’agisse des cinématiques ou du moteur de jeu brut, on en prend plein les yeux. Hormis l’eau qui est relativement modélisée de manière dégueulasse, rien à redire !

Et très vite, ce que j’appellerais le « 1er arc » du jeu se dévoile. Non content de satisfaire le ventilateur de votre PS4, Death Stranding va également faire chauffer vos méninges avec une intrigue qui pose ses bases très tôt. C’est une chose que j’ai adoré car on peut d’ores et déjà se triturer les méninges et imaginer nos propres embranchements scénaristiques. D’ailleurs, j’avais deviné une des grosses révélations de fin de jeu et je n’en suis pas peu fier héhé. Mais trêve d’auto-branlette et parlons du coeur du jeu, les livraisons et le gameplay qu’elles imposent.

death stranding sam porter livraison echoues station meteo

Le concept est vraiment original et, même s’il me faisait peur au début, les premières heures de jeu se sont vraiment laissées dompter facilement. Oui il faut marcher, oui certains passages sont putainement longs et on souffre presque physiquement de les accomplir. Mais on s’y prête volontiers lorsque l’on entre en phase avec le personnage principal. Solitaire mais néanmoins attachant, Sam Porter est vraiment un héros atypique que l’on apprendra à apprécier au fil de l’aventure, lui et la relation qu’il entretient avec son « BB », véritable bébé en gestation greffé à sa combinaison.

Mais on ne sera jamais vraiment seul. En plus de la myriade de personnages secondaires présents, et pas toujours bienveillants, d’autres joueurs, eux bien réels, pourront interagir avec votre aventure. En effet, vous apprendrez avec le temps à ériger des constructions pouvant vous être utile … à vous, mais aussi à d’autres. Une échelle pour traverser un fleuve dont le courant est trop fort, une corde pour descendre en rappel un ravin dont votre marchandise ne réchapperait pas : énormément de possibilités sont présentes pour vous faciliter la vie et celle des autres. Car oui, vos constructions sont (quasi) permanentes et le côté social du titre se ressent vraiment lors de ces moments de grâce où vous aller trouver de quoi vous mouvoir en territoire hostile ou encore vous protéger d’une pluie semblant accélérer les dégâts du temps.

Malgré cela, j’ai ressenti un réel sentiment de lourdeur, presque d’ennui où le ragequit n’était pas loin. Le 3ème chapitre du jeu propose une vaste zone obligeant à faire de longs allers-retours pas toujours sentis dont l’intérêt laisse parfois dubitatif, du genre livrer une pizza, ou encore des bières … on a souvent critiquer Mass Effect Andromeda pour le manque d’intérêt de ses quêtes ‘Fedex’, mais là on en tient un bon bout tout de même. De plus, j’ai trouvé au début du jeu l’interface et les menus en général peu lisibles, ce qui n’a pas arrangé les choses. Réellement, certains soirs je jouais en soupirant; d’autant plus que la difficulté est vraiment dérisoire lors des affrontements, qu’il s’agisse de PNJ classiques ou de boss. Maiiiis je n’ai pas lâché l’affaire et j’ai bien fait car la fin de ce chapitre marquait l’arrêt de ce « second arc », débutant ainsi ce qui est pour moi la reprise réelle du scénario, et d’une sacrée façon.

death stranding higgs bb

Possibilités de se mouvoir démultipliées, immersion dans la peau du personnage renforcée, quêtes secondaires d’un intérêt accru; ajoutez à cela une histoire prenant un tournant radical, et vous obtenez un tel crescendo de malade niveau intensité que je n’ai plus décroché jusqu’à finir le jeu. Découvrir ses méandres devenait une obsession. On marche, on marche, et on passe sans s’en rendre compte d’une vingtaine d’heures de jeu à près de 50. La partie qui va suivre contient des spoilers sur mon ressenti vis-à-vis des révélations, je vous laisse donc cliquer si vous le souhaitez. Sinon, on se retrouve à la conclusion 😉

Révélations du jeu

Si du début du jeu, je ne me souviens finalement que les premières cinématiques obscures sur la néantisation que l’on subit et peut-être la crémation du corps de la Présidente suivi de notre 1ère rencontre flippante avec des Echoués, c’est vraiment là que le 3ème arc, comme je l’appelle, débute et ne s’arrêtera jamais vraiment.

L’histoire de Mama et de sa soeur Lockne, leur « enfant », celle de Fragile, les premiers soupçons sur Die-Hardman, les apparitions de Higgs d’une classe folle mais aussi et surtout les flash-back de Clifford désireux de retrouvant son BB QUI EST EN FAIT SAM BORDEL DE MERDE qui du coup, on le découvre à la toute fin, a été ramené à la vie après que Bridget (QUI EST L’ENVELOPPE PHYSIQUE D AMELIE TRUC DE OUF) ai forcé DHM à le tuer. Et du coup Amelie, QUI EST EN FAIT L INCARNATION DE LA GREVE WOOOOOW, a ainsi elle-même brisé le voile entre le monde des vivants et celui des morts, dont elle s’était servie pour ses recherches afin de tenter d’arrêter la 6ème extinction d’espèces sur Terre, l’ultime Death Stranding.

On découvre au final qu’Higgs n’était qu’un pion, un être qu’Amélie parmi tant d’autres avait permis d’avoir le DOOMS afin de l’aider à extérioriser ses cauchemars de destruction de l’humanité, afin de peut-être entrevoir une lueur d’espoir. C’est d’ailleurs le « choix » de Sam à la fin : précipiter cet ultime catastrophe ou donner du répit à l’humanité. J’aurais d’ailleurs imaginé et préféré un vrai choix et deux fins bien différentes, mais je comprends bien l’intérêt vis-à-vis des révélations qui ont suivies. Un peu de lourdeur d’ailleurs dans le discours de Bridget/Amélie, qui aurait pu être raccourci selon moi.

Quoiqu’il en soit, durant toute cette partie de l’aventure et jusqu’au dénouement, le jeu n’aura de cesse de proposer une réflexion sur notre société actuelle. J’avais peur de la branlette intellectuelle peu envisageable à l’instar d’un NieR Automata, mais clairement ce qu’on peut décrire comme une dystopie satirique ici s’inscrit dans le réel, assez peu de temps après notre époque finalement. Automatisation des tâches, humains revendiquant des droits au travail, culte des réseaux sociaux, mur aux frontières; autant de thématiques distillées, entre autres, dans les données du jeu qu’il faudra soi-même fouiller. Je vous conseille vraiment de le faire par ailleurs, ne serait-ce que pour l’immersion.

En conclusion, Kojima propose ici une excellente production. Je ne la qualifierai pas de chef d’œuvre comme j’ai pu le lire car trop de petites choses m’ont rebuté au début et ont failli me faire arrêter de jouer, mais la richesse du scénario et la façon dont il est amené sur un plateau, le concept couillu et original des livraisons dans un monde ouvert quasi vide ou encore les graphismes et l’OST à tomber me font dire que c’est un putain de bon jeu. Je croyais le titre de GOTY attribué à Sekiro me concernant, mais Death Stranding vient de tirer un grand coup sur la couverture. Et vous, qu’avez-vous penser de cette aventure ? Je vous laisse avec une petite galerie de screenshots pris durant mon aventure. Attention, des spoilers s’y trouvent !

Voir les screenshots

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25 novembre 2019
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4 Commentaires

  • Répondre Gabs (@Gabssama)

    Ton bouton « share » fonctionne encore ça va ? xD

    Blague à part, maintenant que t’as lu mon test, on a eu la putin de même expérience !!!! Autant dans le rythme que dans la réflexion ! J’avais évité toutes les dernières vidéos de gameplay et autres révélations concernant le jeu pour commencer vierge de préjugés.

    Franchement le chapitre 3… j’y jouais en mode « vas y gab, faut faire le test, c’est dur mais faut le faire » genre c’est mon taf putin ! En plus on s’est tapé les intempéries de ouf dans le sud alors jouer à DS c’était franchement pas la joie xD
    Mais bon on a résisté et on a tenu bon, et on a pris une putin de claque ! C’est ça qu’est bon ! Ah si seulement on avait pu reconstruire les UCA avec nos amis…

    Je vais tenter de sortir mon analyse sur le jeu et le scénario ce week end. Je vais pousser la réflexion vraiment loin avec références et sources. Et ça fait plaisir que tu conseilles aussi de lire les données et les mails !

    Dommage que t’es pas fait les MGS, il y pas mal de similitudes et de références… Bref, hate de partager mon analyse qui devrait, je l’espère, te faire cogiter 😛

    29 novembre 2019 at 22 h 01 min
    • Répondre Alexandre

      Je te l’ai déjà dit, ce que j’ai préféré dans ton article, c’est la référence à un potentiel filtre « pour amis » qui aurait donné au jeu un niveau encore supérieur ! Terrible idée et sacré gâchis tellement ça parait simple à mettre en place en 2019 😡 … mais peut-être le but était-il de nous imposer du monde finalement pour, comme tu l’as dit également, nous faire ressentir le coût environnemental et visuel de toutes ces constructions qui émergent !

      Ca donnerait presque envie de faire les MGS … à quand une compil de TOUS les épisodes sur PS4 … ou 5 ? :-)

      7 décembre 2019 at 20 h 42 min
  • Répondre Shayann

    Je suis complètement comme toi concernant l’intérêt inversement proportionnel à la hype générale et avec Death Stranding je suis en plein dedans. Ceci dit ton test éveille ma curiosité et je pense que mon intérêt pour ce jeu commence à grandir depuis quelques temps. Peut être que je me laisserai tenter et je pourrai revenir lire la partie spoiler
    C’est une bonne idée d’ailleurs d’avoir séparé comme ça le contenu !

    25 novembre 2019 at 20 h 41 min
    • Répondre Alexandre

      Merci pour ton retour Shayann, ça fait plaisir d’avoir peut-être inspiré un septique … dont j’aurais fait partie si je n’avais pas eu le jeu via partenariat, il faut l’admettre. Tu me diras ce que tu en penses si tu sautes le pas 😉

      Et concernant les spoilers c’est une fonctionnalité que je n’avais jamais utilisé et qui correspond à ce dont j’ai de plus en plus envie pour les JV mais aussi séries et films : parler librement de certains points précis sans gâcher le plaisir à d’autres. Content que ça te plaise !

      25 novembre 2019 at 21 h 52 min

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