Watch Dogs : la claque numérique

Catégorie : Jeux Vidéo

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Watch Dogs, ce jeu dont on entend parler depuis son apparition remarquée en 2012 lors de l’E3 avec un trailer à couper le souffle, au-dessus de tout ce que l’on pouvait trouver à l’époque. Le jeu est maintenant sorti depuis près d’un mois maintenant, et comment se fesse-t-il me direz-vous qu’Alex Effect ne vous ait pas pondu un article dessus ? Et bien tout simplement car je voulais prendre le temps de finir le scénario afin de pouvoir vous faire une critique complète du jeu … et vous le verrez, il y a matière !

Pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas, aucune inquiétude je ne spoilerai en rien du tout l’histoire et vous pourrez lire en toute quiétude les aventures d’Aiden Pearce, le héros, à Chicago. Je commencerai d’ailleurs par cette histoire que beaucoup décrient, finalement à raison mais bien trop en mal, puis en décrivant les infinies possibilités en jeu dont dispose le joueur.

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Clairement je voulais donc commencer par là afin de démystifier ce que vous entendez peut-être un peu partout sur la toile, et ensuite parler du cœur du jeu, le gameplay. Oui le scénario n’est pas le gros point fort du jeu. C’est un fait, mais pour autant il n’a à rougir de rien, on a vu bien pire.

On est donc de suite mis dans le bain dans un monde ouvert contemporain où toutes les infrastructures de la ville sont liées grâce à un même réseau informatique, le ctOS. Vecteur d’une sécurité plus grande pour le gouvernement en place, liberticide selon le groupuscule de hackers DedSec; ce système rappelle ainsi complètement la Machine de l’excellente série Person of Interest (dont vous pouvez lire mon article ici).

Au milieu de tout ça Aiden fait parti des hackers en collaboration parfois étroite avec DedSec, et il va être impliqué dans une affaire dont les finalités ne seront pas celles attendues, qui va donner suite à la perte d’un proche, qu’il cherchera à venger tout au long du jeu. Bon là clairement cette histoire de vengeance n’a rien d’original, mais va entraîner des ramifications, souvent plus téléphonées les unes que les autres, mais malheureusement plus confuses également.

En effet, le principal défaut que j’aurai à reprocher ce n’est pas tant le fond, qui est « sympathique sans plus » avec son petit lot de révélations mais la forme, avec des ramifications inutiles qui rendent opaques la compréhension de ce qu’on est en train de faire. Avec les tas de quêtes annexes à réaliser, si on a le malheur d’en faire trop d’un coup ou de faire une pause de quelques jours, il est difficile de se rappeler où on en est vraiment. En gros si on doit aller d’un point A à un point B, on apprend qu’il faut d’abord chercher un colis en C, mais au niveau de D un méchant nous barrera la route, nous faisant marcher pour aller en E. Vous voyez le truc ? C’est un peu lourd et ça dessert clairement.

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Mais faire ces nombreux allers-retours n’est pas spécialement lassant en fait, tellement le gameplay est riche. Le piratage informatique via le smartphone d’Aiden apporte vraiment à cet open-world qu’est Chicago des séquences toutes plus jouissives les unes que les autres.

Une porte vous bloque le passage grâce à son système de sécurité ? Remontez le circuit électrique et désactiver le à la source pour pouvoir continuer votre chemin. Passer de caméras en caméras dans un bâtiment inaccessible  pieds pour pouvoir aller en son toit et pirater les serveurs afin d’en extraire des infos sensibles. Et ce ne sont là que des exemple d’utilisation de vos compétences, toutes améliorables en intensité via un arbre de talent dont les points se gagnent à mesure de piratages. Plus vous cédez au côté obscur, plus vous pourrez vous faire plaisir.

Dans les affrontements aussi vous pourrez mettre à profit vos talents, que ce soit lors de courses-poursuites furieuses avec la police ou au sol. Si un trop grand nombre de véhicules commence à vous suivre, passez dans de plus petites ruelles et déclenchez l’activation de bornes sur lesquelles s’enfonceront les véhicules. Cet hélicoptère qui maintient le projecteur sur vous vous gêne ? Brouillez son signal pour le rendre inoffensif puis déclenchez un Blackout pour vous rendre invisible sur terre ou dans les airs afin de pouvoir vous échapper ! Les possibilités sont quasi infinies et chacun choisira sa voie pour réaliser son aventure, discrètement ou … beaucoup moins.

Enfin je vous parlais des affrontements au sol également, et ils n’ont pas à rougir car la même mécanique s’offre à nous. Vous voulez la jouer infiltration (le jeu rappelant énormément Hitman dans ces cas-là) ? Modifiez le signal du garde possédant le téléphone appelant les renforts. Divertissez-en un autre en lui envoyant un message bidon afin de passer derrière lui sans qu’il remarque votre présence. Activez ce monte-charges sur le côté pour que le garde avoisinant aille y jeter un coup d’œil, vous ouvrant le passage. Ou bien, vous pouvez sortir le lance-grenades et y aller moins doucement. C’est votre choix.

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Ce choix vous aurez souvent l’occasion de le mettre à l’épreuve, notamment dans les tonnes de quêtes annexes disponibles. En effet l’ennui est très peu probable avec des quêtes aussi riches que variées. Vous alliez à ce fameux point W dans le scénario ? Regardez donc votre mini map et résolvez à votre manière le crime se produisant juste à côté. Si ce sont les enquêtes qui vous parlent le plus, certaines vous emmèneront à la recherche de corps ou de cargaisons disparues, pour mener à une conclusion de plus grande ampleur.

Les possibilités sont nombreuses et vous pourrez également satisfaire votre côté voyeur en piratant les réseaux privés des habitants de la ville, atterrissant ainsi directement sur leur webcam, caméras de sécurité, etc. Certaines scènes observées prêtent à sourire, d’autres sont clairement des clins d’oeil d’Ubisoft (qui a dit Kinect ?). Egalement vous découvrirez que les habitants de Chicago s’adonnent parfois à des activités … particulières, libre à vous de regarder jusqu’à détection de votre intrusion ou non.

Vous aurez également l’occasion de faire/subir ce qu’on appelle des trips numériques, à savoir une sorte de drogue qu’on ingère, prétexte à des phases un peu WTF, pour notre plus grand plaisir. Je ne vous dévoilerai rien de plus que mon préféré, dont l’image est ci-dessus : l’araignée mécanique géante, que l’on peut contrôler durant des phases où le but est bien sûr de massacrer le plus possibles, selon des mini-objectifs. Un défouloir assuré quand vous voulez prendre une pause bien méritée.

Enfin le côté hyper-connecté du titre prend toute son ampleur quand cette connectivité … atteint les joueurs eux-mêmes. En effet, de nombreux modes en ligne sont disponibles, avec entre autres la possibilité de faire des courses jusqu’à 8 joueurs ou encore entrer en direct dans la partie d’un joueur -si celui-ci n’a pas désactivé la fonctionnalité, afin de tenter de lui pirater des données fictives (et inversement, si cela vous arrive vous devez tenter de débusquer dans une certaine zone autour de vous le pirate).

Mais le meilleur reste clairement l’application pour smartphones (dans la « vraie vie », je précise) proposant un défi à qui l’accepte en jeu de jouer au chat et à la souris, à savoir que celui qui possède l’application contrôle les forces de police de la ville et va devoir traquer le joueur alors pris pour cible. Hélicoptère, sniper, fourgons du SWAT, énormément d’options sont présentes pour vous aider dans la démarche. Chaque traque vous rapporte des points avec lesquels vous pouvez améliorer l’efficacité de vos troupes. Honnêtement c’est assez énorme, quel pied quand ma femme jouait de venir dans sa partie pour la faire chier un petit peu ! Savoir que le petit point rouge qu’on a sur notre portable est un vrai joueur derrière son écran qui joue dans son propre mode solo, j’a-dore !

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Voilà, je ne pensais pas ce tour d’horizon si long mais j’espère avoir été plutôt exhaustif en vous ayant donné envie de tenter l’expérience. Je voulais malgré tout avoir de faire une ultime conclusion revenir sur certains points qui ont fait le buzz, pas forcément dans le bon sens, autour de Watch Dogs.

Tout d’abord les graphismes. Oui le trailer du jeu de 2012 avait mis une claque monumentale à l’époque, esthétiquement parlant notamment, et oui en termes de graphismes purs, c’était plus beau que ce qu’on a actuellement. Mais franchement j’y joue sur PS4 et il faudrait vraiment pousser mémé dans les orties pour avoir quelque chose à redire. Les explosions de canalisations sont exceptionnellement belles, le sol une fois la pluie tombée est incroyablement reluisant. Le tout est très propre. Alors peut-être que les adeptes du PC fixe y trouveront à redire, comme souvent dans une des nombreuses gue-guerres d’un autre âge PC/consoles, mais le jeu se suffit à lui-même ainsi, et je n’ai rien du tout à redire pour ce qui est des graphismes.

L’autre point qui revient souvent est la comparaison avec GTAV, GTA de manière générale. Vous l’aurez remarqué dans mon article j’ai bien pris soin de ne jamais y faire référence pour prouver à quel point ce n’est pas nécessaire. Qu’est-ce que ça peut me gonfler les amalgames du genre monde ouvert = GTA. Putain … Est-ce qu’on compare Skyrim à GTA ? Non. Oui mais ça se passe dans une ville et à une époque contemporaine. Je dis encore non. Tout est différent, on incarne un héros dont le gameplay est centré autour de l’utilisation du smartphone, pas un énième mafieux qui doit arriver à ses fins en tuant tout le monde sans foi ni loi et où le mot « liberté » est surtout fonction du nombre de manières de tuer des passants. Si se balader librement dans une ville avec beaucoup de choses à y faire est donc synonyme de GTA, alors oui Watch Dogs y correspond; sinon, il est grand temps de réviser cette définition.

Enfin, voilà ce qui pour moi aura réellement été le point noir du jeu : les équipes de développement d’Ubisoft. Un bug majeur empêchant tout lancement du jeu (précisément, un chargement qui ne se termine jamais) survient sur la partie de ceux qui comme moi, auraient été sur la boutique Uplay (propre à Ubisoft) afin d’y dépenser une monnaie virtuelle que l’on gagne en jouant aux jeux de l’éditeur (les Assassin’s Creed par exemple). Ainsi on gagne de petits bonus comme une nouvelle tenue, des flingues en or, et … une sauvegarde foutue. Impossible de lancer le jeu donc, et après des semaines d’attente Ubisoft a enfin daigné sortir un patch … préventif, et non correctif : le problème n’arrivera normalement plus à d’autres, mais rien ne change pour ceux qui ont le problème. J’ai ainsi arrêté de jouer de dégoût et me suis contenté de regarder Madame accomplir le solo pour vous livrer cet article le plus objectivement possible, car cela n’entache en rien la qualité du jeu, mais ça a été dur de prendre sur moi.

Vous l’aurez compris cette nouvelle licence d’Ubisoft est clairement un carton. Watch Dogs a su réinventer les codes de l’open world en proposant une expérience unique, immersive, et dont le gameplay est extrêmement jouissif. Il manquerait au titre un scénario béton non entre-coupé de sous intrigues pas forcément intéressantes qui perdent un peu l’attention du joueur. Malgré tout on prend un pied pas possible manette en mains et ces premières aventures d’Aiden ont posé les pierres de ce qui s’annonce comme une nouvelle poule aux oeufs d’or pour l’éditeur, on a hâte de voir la suite !

28 juin 2014
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15 Commentaires

  • Répondre SuzuKube

    Très bon test. Moi j’y joue dans sa version PC. J’étais sceptique, mais les dernières mises à jour permettent de jouer de façon fluide sur PC (enfin !) 😀 Optimisation post-sortie du jeu… Mais au moins elle a été faite !

    21 septembre 2014 at 4 h 26 min
    • Répondre Alexandre

      Oui j’ai pu voir les comparatifs avant/après c’est très impressionnant et enfin à la hauteur du fameux trailer de l’E3 :)

      21 septembre 2014 at 11 h 25 min
  • Répondre Yuan

    J’ai pu approcher la bête chez un pote, le concept est pas mal, les hacks et tout ça, ça permet pas mal de choses et offre une grande liberté et un grand panel d’intéractions, mine de rien. Mais pour ce qui est du cheminement, je ne peux pas me prononcer. Ubisoft souhaite vraiment en faire une nouvelle licence en tout cas

    8 septembre 2014 at 22 h 47 min
  • Répondre Paolito

    Très bon article, bel approche du jeu pour ceux qui ne le possèdent pas :)
    Je possède le jeu et je le trouve plutôt bien mis à part certains points de vue ou la maniabilité de la conduite/moto etc.

    24 juillet 2014 at 22 h 36 min
  • Répondre Manu

    Honnetement, je n »est, sur aucun site, vu une telle présentation. Je veux a tout prix me l’acheter mais j’ai que 14 ans. ( et alors ? )
    En attendant je regarde des gameplays. Continue comme ca man, et tu seras recruté par UBISOFT. 😉

    24 juillet 2014 at 17 h 22 min
    • Répondre Alexandre

      Haha si un jour ils me contactent oui !

      Pour la limitation il est vrai qu’il ne fait pas parti des jeux les plus choquants, surtout quand on voit ce que propose un GTA par exemple … mais bon, tu verras dans quelques années, tu seras tranquille ^^

      24 juillet 2014 at 17 h 30 min
  • Répondre smells like rock

    J’ai envie de tester ce jeu depuis sa sortie ! Ton article est super et présente bien tous les aspects du jeu. C’est vrai que beaucoup d’amis qui l’ont testé, mon dit qu’il ressemblait beaucoup à GTA avec un smartphone en plus. Mais ton article me donne bien envie de me lancer ! Je pense que ca sera mon prochain achat une fois que j’aurais terminé Tomb Raider.

    7 juillet 2014 at 19 h 35 min
    • Répondre Alexandre

      Teuteuteu tes amis doivent être des pro-GTA avec œillères je pense alors ^^

      Comme je l’ai dit dans l’article, on ne peut qu’objectivement apprécier la prise de risque d’Ubisoft concernant Watch Dogs (qui est ne l’oublions pas une nouvelle licence, pas de celles qui sont peaufinées chaque année ou presque). Et franchement pour un coup d’essai, ça frappe fort. Si tu t’y mets n’hésites pas à venir faire tes retours !

      Pour Tomb Raider … je vois que tu as d’excellents goûts ! Un des meilleurs titres de 2013 avec The Last of Us pour moi :)

      7 juillet 2014 at 20 h 08 min
  • Répondre NyOs

    Je crois que c’est le seul test de Watch Dogs avec lequel je suis d’accord sur tous les points abordés.
    Franchement, ça force le respect de lire un article comme le tien, Alexandre.

    Je ne sais même pas quoi dire d’autre. Simplement: Bravo.

    Continues ainsi. Tu viens de gagner un lecteur de plus 😉

    PS: Le texte est trop court. Pense à faire un peu plus long la prochaine fois haha :)

    7 juillet 2014 at 14 h 37 min
    • Répondre Alexandre

      Wow, et bien, merci ! Je ne sais pas quoi dire devant ces compliments si ce n’est que je suis heureux quand mes écrits trouvent écho chez certains, ça fait plaisir :)

      Pour la taille du texte c’est vrai qu’il m’arrive parfois d’avoir des difficultés à me limiter tant il y a à dire … le pire c’est ACIV où j’ai carrément scindé en 2 ce que j’avais à en dire :)

      7 juillet 2014 at 19 h 58 min
  • Répondre seizheurdumat

    Bon test, enfin un avis objectif sur ce jeux que je trouve magnifique mais perfectible.

    5 juillet 2014 at 12 h 15 min
    • Répondre Alexandre

      « Perfectible » oui voilà c’est le mot, certains oublient souvent mais bordel : c’est quand même une nouvelle licence ! Et pour un coup d’essai, je trouve ça brillant :)

      5 juillet 2014 at 13 h 01 min
  • Répondre Tondex36

    Belle approche du jeu, cela change d’avoir un test construit et bien écrit sur le net!
    Continue comme ça, bravo!

    2 juillet 2014 at 18 h 32 min
  • Répondre Cblackhawks

    Que dire de plus, si ce n’est : R-E-S-P-E-C-T !
    Quel travail d’orfèvre et quelle plume.
    Chapeau bas l’artiste et longue, oui très longue vie à ton site.

    Au plaisir de te relire.

    Amitiés, Claudio.

    28 juin 2014 at 23 h 02 min
    • Répondre Alexandre

      Et bien, quel retour : merci !

      28 juin 2014 at 23 h 36 min

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