Penser à soi

Catégorie : Humeurs, Papa
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Depuis quelques temps, l’envie de réaliser des billets Humeurs me titille, et alors que je vais de nouveau opérer quelques petits changements professionnels dans ma vie, je me suis dit que c’était l’occasion de partager avec vous mes réflexions, pas spécialement structurées, sur le sujet du ‘Penser à soi’.

Car depuis la fin de notre adolescence, je trouve que l’on a machinalement tendance à s’oublier au profit des obligations de la vie : travail, maison, bébé, autant d’objectifs et d’attentes personnelles pouvant tout autant être facteurs de satisfaction que de stress intense. Le second est-il nécessaire au premier ? Pas forcément selon moi, mais c’est un autre sujet. J’aimerais vous développer 3 exemples me concernant m’ayant permis, ces dernières années, de retrouver une certaine sérénité.

Il y a bientôt 3 ans, je prenais l’une des plus grosses décisions de ma vie, celle de quitter mon boulot. Un CDI acquis après 3 ans de contrat aidé et de bons et loyaux services au sein d’une structure associative. Un CDI, le rêve hein ? Sécurité de l’emploi, tout ça, mais voilà quelques mois après la direction a changé et mes tracas ont débuté.

J’étais clairement dans cette situation où je n’arrivais plus à insuffler cette bonne humeur quotidienne auprès de mes collègues tout en réalisant un travail irréprochable. La balance penchait tellement que j’allais clairement à reculons à mon poste, et simplement être dans la même pièce que mon boss était insupportable. Des altercations avaient lieu ici-et-là et un jour j’ai commencé à envisager d’arrêter de me pourrir le quotidien, d’autant que celui-ci débordait sur le perso, et je déteste en faire pâtir à ma femme.

Elle a d’ailleurs été mon inébranlable soutien dans la démarche, et ce même si nous avons appris quelques semaines après la présence d’une petite créature supplémentaire au sein du foyer. De quoi ajouter à l’appréhension de tout lâcher; c’était vraiment des mois particuliers à osciller entre joie intense de l’arrivée de bébé et réflexions sur le futur, notamment financier. Et puis je me suis dit que merde, j’allais négocier une rupture conventionnelle, que j’ai obtenu, afin d’avoir un petit parachute de départ, ainsi que le chômage derrière me permettant finalement de profiter de l’essentiel : la naissance de mon fils et la construction de notre famille <3

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Petite ellipse pour arriver aux premiers mois de bébé et plus particulièrement aux sorties chez « des gens », vous savez ces personnes bizarres et un peu chiantes qui n’osent voir ni prendre votre enfant pour vous aider les premiers mois et qui d’un coup, vous l’arrachent des bras sans se rendre compte du traumatisme pour vous.

Le mot est peut-être un peu fort, mais je parle de mon expérience perso, je l’ai parfois très mal vécu. Le cocon formé lorsque papa, maman et bébé apprennent à se connaitre est tellement soudé par l’effort, l’amour et la fatigue que voir ou entendre des personnes agir comme s’ils savaient et faisaient tout mieux rend fou, mais genre vraiment fou.

Et puis ma merveilleuse femme m’a appris à maitriser petit à petit le « lâcher prise » sur soi, avec les autres, en général. Apprendre à faire la part des choses et ce qui est réellement important, même dans ce genre de situation. Un exercice clairement pas simple au début mais finalement salutaire à bien des égards. Ah oui, vous voulez gérer mon fils en ma présence ? Allez-y et assumez (sous une surveillance lointaine de notre part, bien sûr), pendant ce temps je m’autorise à me relaxer, à ne plus penser à 100% à son maintien de la tête, le moment de son dernier caca et s’il en a fait assez aujourd’hui, s’il faut lui changer son bavoir, si ses dents ne le font pas souffrir … bref, on fait souffler la charge mentale et on profite d’une pause salvatrice.

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Cette paternité aura d’ailleurs plusieurs effets sur moi, à commencer par ma volonté de changer de domaine d’activité. Depuis plus de 10 ans et suite à ma formation initiale en informatique, mes expériences pro ont logiquement tourné autour de ça. Mais voilà, de plus en plus j’ai envie de quelque chose tourné vers l’humain, me sentir physiquement et moralement utile, loin d’un travail tertiaire derrière un écran à longueur de journée. Cela a ses avantages, j’en suis bien conscient, mais ça n’est plus ce dont j’ai envie.

En attendant de pouvoir passer un concours permettant d’aboutir à ce que je désire, j’ai décidé de me tourner vers le job d’Assistant d’Education, le « pion » d’autrefois qui je m’en rends compte désormais, est plutôt un mix entre videur/éducateur/prof/parent et j’en passe. Mais voilà, le poste qui m’a été proposé est un pseudo 50/50 Assistant d’Education et Responsable Informatique. Je m’étais fait bercer lors de l’entretien d’embauche, désireux de reprendre une activité professionnelle malgré tout, à entendre que la partie Informatique serait mineure, que des profs pouvaient me relayer … mais il n’en a jamais été question au bout d’un an. Je me suis souvent démerdé seul et parfois le soir chez moi, sans aucun soutien ni reconnaissance.

C’est pourquoi j’ai décidé, alors que ce type de poste est facilement renouvelable 5x maximum en établissement car le profil est très recherché, d’y mettre un terme. J’ai indiqué à mon employeur que je ne souhaitais plus m’occuper de la partie informatique et me ressentrer sur le côté éducatif. Résultat ? Alors qu’un poste se libérait en tant qu’Assistant d’Education pur pour la rentrée prochaine, on y a placé quelqu’un d’autre sous des prétextes brumeux. S’en sont suivis quelques jours/semaines durant lesquels j’ai ciblé certaines structures proposant ce que je voulais et, devant les alternatives toutes positives, j’ai pu obtenir le poste que je souhaitais, ailleurs.

L’inquiétude généré par cette recherche m’a rappelé de vieux démons mais également offert une satisfaction énorme au bout du compte : l’amertume de laisser une équipe de collègues en or laissera place à un travail plus serein, tant pour l’esprit que la santé. J’espère que vous l’aurez compris, cette dernière analogie peut être appliquer à beaucoup de choses et c’est ce que j’ai tenté de vous développer ici : penser à soi devient essentiel avec le temps, certainement à mesure que les responsabilités et les engagements grandissent. C’est parfois risqué et vecteur de stress, mais au final souvent payant. Je ne regrette rien de mes choix de ces dernières années et je vous invite sauter le pas également, si nécessaire, pour mieux penser à vous : je dis souvent qu’un parent reposé est un meilleur parent, mais plus généralement un humain serein en est un meilleur, j’en suis certain.

(je vous laisse avec l’une des musiques que j’écoute pour me détendre, de l’un de mes JV préférés : Final Fantasy X)

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