Detroit – Become Human

Catégorie : Jeux Vidéo
Detroit Become Human

Depuis le mythique Heavy Rain, nous guettons avec Madame chaque jeu Quantic Dream pour tenter de revivre les mêmes émotions. Car il fait facilement partie de nos tops 5 respectifs de tous les temps. Nous jouons aux jeux vidéo pour vivre des émotions comme celles que nous font vivre ces titres : immersifs, dotés de scénarios captivants et avec des personnages attachants.

Et depuis, il n’y en a pas eu des masses à vrai dire, excepté Beyond – Two Souls qui a été en-deçà des espoirs escomptés. Narration hachée desservant le titre, je lui avais néanmoins trouvé certaines qualités scénaristiques. Mais voilà, dans ce qui est pour moi l’essence même de Quantic Dream, le fait de proposer un jeu dont chaque choix a des répercussions au fil et à la fin de l’aventure, ça n’était pas ça. Et ces attentes, je les avais également avant de commencer Detroit – Become Human. Le moins que je puisse dire, après l’avoir fini de plusieurs manières différentes, c’est qu’elles sont pleinement comblées :)

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Nous sommes donc dans un univers qui nous plonge dans une société futuriste où la robotique a fait un pas de géant, devenant partie intégrante de la société. Et ce, dans tous les domaines : à domicile, auprès des forces de l’ordre, dans la médecine ou encore dans certaines boites de nuit : les robots sont partout. Nous devons cette évolution à la société Cyber Life qui, dès lors, a pris une part énorme dans le paysage mondial. Encore de la SF donc, vous allez finir par croire que j’aime ça …

Je ne ferai pas un étalage mielleux du pitch de départ que chacun pourra développer de manière personnelle : les machines peuvent-elles avoir des sentiments ? Le thème est finalement assez classique mais ce qui m’a intéressé sur Detroit est son traitement et la façon dont le jeu s’en sert pour nous faire des rappels à l’ordre à l’aide d’un sens de l’anticipation assez troublant, nous rappelant parfois paradoxalement aux heures sombres de notre histoire.

Ainsi, nous suivrons 3 personnages principaux différents et la narration sera ainsi alternée chronologiquement à l’instar de ce que proposait Heavy Rain en son temps. En guise de tutoriel nous commençons dans la peau de Connor, robot négociateur-enquêteur mis à disposition par Cyberlife pour assister la police. Viendront le rejoindre sous nos mains Kara, une assistante ménagère-maternelle (oui j’aime les robots à double-emploi) au service d’un père de famille peu recommandable et enfin Markus, protégé d’un célèbre peintre richissime qui semble lui porter une affection toute particulière. Voici les points d’ancrage du scénario qui, selon vos choix durant l’aventure, auront des conclusions plus ou moins heureuses.

detroit become human markus

Et des répercussions sur vos choix, vous en aurez croyez-moi. En plus de montrer clairement les embranchements dont peut disposer un chapitre via une impressionnante arborescence, des chapitres en eux-mêmes peuvent exister ou non selon vos actions. Vous loupez une QTE qui s’affiche à l’écran lors d’une course-poursuite ou d’un affrontement ? Préparez peut-être les mouchoirs pour ce qui suit … et pas forcément directement d’ailleurs. On se rend parfois compte de l’effet papillon trop tard pour pouvoir modifier quoique ce soit, amenant parfois à des scènes d’une ampleur émotionnelle assez folle. Dans un sens … comme dans l’autre.

Tous ces éléments qui feront VOTRE partie, allant de la décision mineure au choix cornélien, sont soutenus par un gameplay classique mais bien géré : Detroit est à cet effet un point’n’click qui ne révolutionne rien mais qui perfectionne à merveille une solution déjà existante. Déplacements lents, indices à étudier en bougeant les sticks d’une façon simpliste, mais le gameplay peut aussi demander de sérieux réflexes lors des phases d’action. Le tout est assez bien équilibré, avec en plus les cinématiques d’un réalisme bluffant, pour laisser un angle de tir bien faible aux détracteurs du genre. Car oui, j’oubliais aussi la motion capture utilisée qui, une nouvelle fois, fait des merveilles et favorise à mort l’empathie que l’on peut ressentir pour les personnages grâce à une immersion folle.

Et quand on atteint ce niveau là de maitrise, tant sur le plan technique, visuel que narratif, on ne peut que se laisser bercer, nous, joueurs. C’est là que le jeu prend tout son sens, c’est cela que j’aime dans ces jeux là. Et ce lâcher-prise, on ne le trouve pas souvent. Quel bonheur de devenir schizophrène et faire de chaque androide incarné notre « nous », selon notre point de vue. Me concernant et pour information, j’ai choisi la voie offensive plutôt que la pacifiste avec Markus, Connor est resté jusqu’au bout un andro-nazi et Kara, bien que choquée par certaines révélations, est arrivée à destination en se concentrant, au prix de quelques sacrifices, sur sa relation de famille.

Si je devais conclure sur ce Detroit – Become Human, je dirais tout simplement qu’il est excellent. Quantic Dream prouve ici qu’ils sont vraiment les rois des jeux de ce genre tellement le niveau est élevé, à tel point d’ailleurs d’entendre bien moins que d’habitude les éternels « C’est pas un jeu c’est du cinéma hihi ». Et cela, ils le doivent à un titre intelligent au casting 3 étoiles et dont on a qu’une seule envie après l’avoir fini : le refaire ! Je suis d’ailleurs preneur de la tournure de vos aventures, les embranchements étant tellement nombreux, n’hésitez pas à les poster en commentaire et à prendre garde niveau lecture si vous n’avez pas encore fini 😉

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