Altered Carbon

Catégorie : Séries
altered carbon netflix

Netflix n’en finit plus de sortir des séries originales, préférant créer des productions, bien plus attractives en terme de communication, plutôt que de poursuivre des œuvres existantes, pourtant de qualité. J’ai ainsi personnellement du mal à suivre et je ne cède que rarement aux sirènes de la nouveauté.

Malgré tout, Altered Carbon a fait son apparition il y a peu et même si le nom ne parait pas très engageant, c’est à force d’en entendre des éloges que nous nous sommes lancés avec Madame. Le format court de 10 épisodes aidant aussi, nous avons donc affronté l’inconnu. Et punaise, qu’on a bien fait !

altered carbon takeshi

Hormis le nom, une autre chose qui m’avait déplu d’entrée est qu’il s’agissait d’une série de science-fiction. Car pour qui me lit depuis un moment, vous saurez que je n’affectionne que très peu le genre. Entre autres car il permet une liberté de fonctionnement allant à l’opposition de mon appréciation de l’univers. Très concrètement : est-il possible que dans ce monde que nous voyons, qui est un futur potentiel de notre présent, il existe telle ou telle technologie ? Telle ou telle découverte ayant fondamentalement changé la société ? Ce flou inhérent au genre m’a toujours dérangé, empêchant une anticipation des événements, biaisée par la non-connaissance de l’existant.

Mais heureusement, Altered Carbon pose toutefois un cadre qui, malgré l’entourage décrit juste avant m’ayant un peu perturbé, est compréhensible et permet de se faire des hypothèses. Ce cadre est le suivant : nous sommes dans un futur pas si lointain dans lequel l’humanité a découvert le secret de l’immortalité, ou plutôt, comment conserver ce qui fait de nous un être humain -nos souvenirs, notre personnalité- dans une puce, que l’on peut ainsi « placer » dans une autre « enveloppe » afin  de perdurer. Mais voilà, ce qui est évidemment un luxe malgré l’époque a ses conséquences et on se rend compte petit à petit des implications que cela génère, avec comme point de départ le meurtre de l’un des plus riches et influents Math (sorte de haute caste de la société), Laurens Bancroft.

altered carbon

Ce meurtre, c’est notre héros qui devra le résoudre. Takeshi Kovacs réintègre ainsi une nouvelle enveloppe après avoir purgé une peine de 200 ans d’inactivité. Pourquoi avait-il écopé de cette peine et qui était-il avant ? Quel est le corps qu’il va intégrer à l’époque où l’intrigue se déroule ? Vous le découvrirez tout au long des 10 épisodes qui composent la saison 1, avec un rythme clairement en crescendo.

D’ailleurs ne vous laissez pas avoir et persévérez au-delà des premiers épisodes. Poussifs, avares en révélations, l’intrigue met du temps à s’installer assez pour qu’on envisage des hypothèses sur sa résolution. Mais croyez-moi, celle-ci vaut la peine d’être travaillée de la sorte et lorsque tous les éléments se rejoignent, nous avons le droit à un florilège d’événements qu’il était difficile d’anticiper, le tout d’une manière haletante m’ayant rendu véritablement accro. Et le final est particulièrement brillant dans la mesure où les questions en suspens trouvent une conclusion claire et logique, sans être dépourvu de maestria.

Propos et univers matures, images parfois difficiles à regarder car souvent violentes, la série m’a complètement happé. Le héros, ou plutôt l’acteur, dont je n’étais pas convaincu initialement, m’a également séduit par sa voix, son rôle, son histoire. Enfin, pour les réflexions qu’elle m’a provoqué également et toutes les raisons décrites dans cet article, inutile de dire que je vous conseille à 100% de visionner cette série et ne pas avoir peur de vous lancer. J’attends avec impatience les retours de ceux qui auront sauter le pas 😉 Bon visionnage !

13 mars 2018
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1 commentaire

  • Répondre Shayann

    Quand j’ai recu la notification de la parution de cet article, je me suis dit que je ne viendrais sans doute pas le lire car la série ne m’attirait pas. Mais le marketing poussé de Netflix aidant la volonté de se trouver une série à regarder en amoureux, nous avons fini par nous lancer et je me suis promise de venir lire et commenter ton article après coup.

    Si maintenant que je suis arrivé à la fin et que je te rejoins sur la qualité scénaristique de la série, je lui en veux. Je trouve qu’elle nous laisse pendant plus de la moitié des épisodes dans un flou le plus total. Au lieu de nous laisser lentement apprivoiser cet univers complexe, chaque épisode nous assène de nouvelles notions, densifie le scénario en établissant des liens plutôt obscurs entre différentes enquêtes criminelles et nous perd dans les époques, les souvenirs, la réalité, le virtuel. Il faut ajouter à ça un sous-titrage qui a décidé de ne pas nous aider (diplo = corps diplomatique, se faire vémer= se faire tuer d’une vraie mort (Heureusement que la VO m’a aidée à comprendre, j’en ai déduit que « Real death » se traduisait par « vraie Mort » qui a sans doute été abrégé en « VM » qui a ensuite été verbalisé en « vémer » parce que c’est TELLEMENT LOGIQUE PUTAIN)​). Cette manière de faire, de partir du principe que l’auditeur peut comprendre tout seul sans lui fournir suffisamment d’éléments est typique des adaptations de romans. Aussi je n’ai pas été sinprise en apprenant qu’ Altered Carbon était avant tout une fiction littéraire.

    Mais finalement, si on accepte de ne piger que la moitié de chaque épisode jusqu’à la moitié de la série, on voit enfin les explications et les révélations arriver et tout se recoupe pour résoudre brillament le plot initial. On s’apperçoit qu’aucun personnage n’est là par hasard, tous contribuent à un degré plus ou moins important au scénario. Aucun mystère n’est laissé en suspens, chaque question trouve sa réponse. La fin plutôt ouverte se suffit bien à elle-même et pourrait ne jamais donner lieu à aucune suite, mais pour autant comporte suffisamment d’éléments sur lesquels se fonder pour initier une saison 2.

    Bref, même si la série m’a beaucoup perdue et frustrée au début, je suis contente d’avoir persévéré et je recommande moi aussi de faire de même.

    30 mars 2018 at 22 h 13 min